Tout début

Tout début
Bulle est brune.
Avec des yeux verts.

Ou bien rousse. Juste pour Monsieur Slimane.

Bulle a des cheveux noirs.
Et des yeux bleus.


Et parfois. Des cheveux bleus. Et les yeux noirs.
Comme la chanson.


Bulle n'est pas différente.
Mais sa faculté de rêve élude tout le reste.
La chance.




Qui gagne à tous les coups?

# Enviado em Quinta 29 Setembro 2005 05:38

Modificado em Sexta 08 Junho 2007 04:30

!

!
"Si raconter ma vie n'est pas d'un intérêt sublime, et que la sublimer ne la rend pas plus enivrante, alors j'aimerais seulement rendre les instants de ma vie, les plus beaux, les plus fous..."

Bulle, c'est Bulle qui a décidé de ça.
Alors elle décide d'y aller, là ou elle n'aurait pas dû être. Tant pis.

Mais comme elle a envie de prendre un billet, elle restera là, comme ça, sur la gare.
Il n'y a rien de plus beau qu'une gare elle se dit.

Elle cherche des gens des yeux. Des gens pour l'emmener.
Qu'elle n'ait plus peur. Qu'elle arrive à respirer.
Elle cherche une clope, et du feu aussi.
Elle fume pas. Elle trouve c'est la classe de dire:"non, désolée je ne fume pas."

C'est seulement pour ça qu'elle fume pas.
Mais faut pas croire.
Ca a bien plus de valeur que tous les autres arguments antitabagistes. Elle s'en fout de crever du cancer, elle s'en fout d'se ruiner pour se ruiner, elle s'en fout de pas pouvoir passer des vacances au ski à cause de l'argent des clopes.
Elle fume pas. Juste pour la classe.

Pourtant parfois la classe elle aimerait bien l'envoyer se faire foutre.
Alors elle fume.
Et elle se sent super forte parce que c'est pas évident d'envoyer la classe se faire foutre.

Faudrait qu'elle compte l'argent qui lui reste, elle veut avoir une fleur à la main.
Elle se remet à marcher, elle veut courir dans le premier bus. Bien à l'abri. Protégée un peu. De ce qui la fait crever, et du reste, qui la fait rêver.

Elle veut être une putain.
Ce serait plus que ce qu'elle n'a jamais été, et c'est encore plus la classe que de ne pas fumer.
A cet instant elle veut écrire sur le sol de la gare:"Etre une putain,c'est Chic."
Mais elle n'a pas de marqueur. Et une phrase comme ça, ça ne s'écrit qu'au marqueur.
Elle finira bien par le trouver. Le marqueur de sa vie.
L'homme de sa vie. La femme de sa vie. Le sourire, le corps, le visage de sa vie.
Elle regarde partout, elle finira bien par trouver.
Se prosterner à l'infini devant ce but qui la nargue, à ne pas se montrer.
Mais ce serait trop facile...
Elle aurait aussi cette phrase si belle à écrire sur les murs de son enfance, ces murs maintenant à la vue de tous. Graphés par quelques passants. Il faut qu'elle s'en occupe,qu'elle les remplisse de mots ces murs. Qu'ils soient moins seuls.

Quand elle aura mis le point final de phrases à venir sur ce mur, quand elle aura trouvé celui qui fait le mieux la courte echelle dans tout le monde entier, pour l'aider à passer par dessus et revisiter-avec lui-les couloirs de son passé, ce sera bien.

Quand elle entre dans la boutique,c'est cette chanson, dont elle ne se rappelle plus l'interprète:"Wake me up, when september ends..."
Il y a des roses. Mais c'est pas encore trop pour maintenant.
Elle a pris trois tournesols.
Elle les appelle les trois soleils de sa journée.
Et c'est tout.

Elle rentre dans un bus.
Elle cherche vite un jeu. Un jeu à faire. Un jeu à jouer. Un jeu comme ça. Un jeu pour la route...
Elle se glisse dans le bruit crissant des freins. Elle aime ça. Elle devient le bus.
Et toutes ses secousses. Et tout.


Et puis Bulle écrit un mot d'amour, un mot secret alors...

Elle descend au mauvais endroit. Elle doit chercher la bonne rue, la bonne maison, la bonne boîte aux lettres. Pour y déposer son mot.

C'est le numéro 1.D'une rue qui monte, avec du lierre sur la façade du batiment en haut de la côte.

# Enviado em Sexta 30 Setembro 2005 08:58

Modificado em Sexta 08 Junho 2007 04:30

o.O

o.O
Elle est arrivée. Bob est là. Il s'agit maintenant de prendre une décision...



.Sonner, il va lui ouvrir, lui serrer la main et lui dire "salut ça va?dis donc t'as grandi..."?

.Sonner, il va lui ouvrir et ne pas la reconnaitre alors elle va se transformer en petit arbrisseau pour s'enfoncer sous terre.

.Sonner, puis se barrer en courant pour lui faire une petite plaisanterie.

.Sonner, puis se barrer en courant parce qu'elle vient de réaliser où elle se trouvait.

.Sonner, tomber sur son arrière-grand père en caleçon qui va lui raconter comment c'était la guerre.

.Sonner, se jeter dans ses bras sans prononcer un mot, et puis l'aimer, l'aimer de tout son être, de toute son âme, parce qu'il n'y a jamais eu que lui.

.Mettre un petit mot dans la boite aux lettres genre salut ça va?c'est Bulle, ça fait 2ans qu'on s'est pas vus et je passais par hasard...

.Sonner, lui dire "je t'aime", et se barrer pour toujours.

# Enviado em Sexta 30 Setembro 2005 10:17

Modificado em Sexta 08 Junho 2007 04:30

.

.
Et enfait, elle lui a dit "je t'aime" et elle s'est barrée pour toujours.
Il aurait pu lui courir après.
Elle sait même pas s'il la regardée s'en aller, parce qu'elle s'est pas retournée.


Nous on sait... Il l'a regardée longtemps, longtemps. Jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un petit point noir qui fuse à travers le brouillard.

Il s'est dit qu'il ne pourrait pas vivre sans elle, mais c'est que des connerie parce qu'on peut vivre sans les gens.


Il va vite l'oublier.
Enfin.


Peut être quand même juste une petite odeur,
Parfois quand il fera froid et quand il se sentira seul.
L'odeur qui remonte du nez jusqu'à l'esprit pour venir tout droit piquer dans le coeur.
L'odeur qui fait songer à ce que l'on aurait pu devenir si on lui avait couru après.


Celle qui surgit au coin d'une rue, lorqu'on ne s'y attend pas.
Celle qui surprend, qui blesse parce qu'elle est acèrée, la salope.
Et puis qui doucement, tout doucement donne envie de se laisser simplement bercer par l'apaisante mélodie que chante la réalité.


Bulle ne sera pour lui désormais plus rien qu'une odeur.
Une odeur vulgaire et ponctuelle.

# Enviado em Sexta 30 Setembro 2005 17:07

Modificado em Sexta 08 Junho 2007 04:29

raffff

Maintenant, elle est seule, à l'arrière d'un taxi.




Elle est seule.
M
ais elle sait que ça ne durera pas.
D
'ailleurs ça n'a jamais duré très longtemps.




La voiture s'arrête et le chauffeur tourne a demi la tête pour mieux la voir. Elle le regarde longuement alors il lui demande si c'est bien ici.
Elle r
épond que oui et que c'est pas la peine pour la monnaie, et puis elle sort en claquant fort la portière, elle fait des grands signes au chauffeur avant de s'engouffrer dans son immeuble.

Elle
prend les escaliers parce que les ascenseurs, elle a pas bien confiance et elle enfonce la clef dans sa serrure en se consentrant sur son coeur qui lui martèle la poitrine. Elle prend pas le temps d'enlever son manteau ni rien,


Elle s'enferme dans la salle de bain.
Comme souvent.
Mais elle oublie la fréquence,pour oublier la vérité.
Elle se regarde.
Elle se déshabille et elle se regarde nue.
Elle se pèse et elle se regarde encore.
Elle se pèse encore et elle se regarde.
Les chiffres verts disent plutôt des trucs sympas.


Mais elle pige pas, elle est é n o r m e.
Ca crève les yeux,ça lui crève les yeux ouais,ça la fait crever...



Sa main est grosse aussi,énorme.
Elle se demande si elle entre encore en entier dans sa bouche.

O u i.

Elle a peur de faire du bruit,l'immonde bruit...
Elle se demande c'qu'elle a encore à gerber dans son ventre...
Elle se demande si ça va lui retirer 2 ou 3 grammes...
Elle se demande si elle va déchirer un morceau de peau sur chacun de ses doigts avec le frottement terrible de ses dents,
ou si ce sont seulement les deux doigts du milieu qui vont prendre,comme souvent...
Elle se demande si l'odeur va l'aider à vomir,ou si elle va l'apaiser...

L'immonde odeur...



Elle cherche à anticiper l'intensi de son mal de gorge,
des ongles qui frottent,
d
e la douleur qu'elle va se prendre en pleine gueule dans quelques minutes...

Et la petite douleur presque amicale,
qu'elle va garder quelques heures,
qui va lui rapeler qu'elle existe à chaque fois qu'elle avalera sa salive...

Elle se demande comment on la regarderait si on ouvrait la porte à ce moment...

Elle se demande à quelle sorte de dégout,
quelle sorte de pris,
e
lle donnerait naissance dans le coeur de ceux qu'elle aime...

Elle essaye de se mettre en dehors d'elle me,
de se voir comme ça,
maintenant,
le visage à moitié plon dans la cuvette des chiottes...



Elle voudrai se relever,tirer la chasse d'eau et aller se coucher...
Elle peut pas.

Alors elle se demande si c'est exitant de dire:
"j'me suis tapé une anorexique ce soir!"
Elle ne se
demande plus si on aime les filles comme elle,
e
lle sait que non,elle s'en fout...
E
lle se dit juste à elle même,dans sa tête:
"J'sui
s pas une ana,j'ai juste mal au ventre!Tout le monde fait ça!"

*
raffff

# Enviado em Domingo 02 Outubro 2005 08:45

Modificado em Sexta 08 Junho 2007 04:30